PRÉHISTOIRE

C’est l’un des plus anciens sites connus d’occupation humaine en Loire-Atlantique. Au bord d’une rivière, ils ont trouvé un lieu assez abrité, une terre qui leur fournira les pierres dans lesquelles ils tailleront les outils nécessaires à la chasse, au travail des peaux pour se vêtir et autres activités de la vie courante.

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L’homme de Néanderthal a vécu jusqu’à – 30 000 ans. Nomade chasseur, pêcheur et cueilleur, c’est lui qui a le plus occupé les sites de Montbert. A cette époque du paléolithique ou âge de la pierre taillée, la pierre est exploitée sur place, l’outil est fini et il suit les hommes. À Montbert, quelques bifaces acheuléens (paléolithique inférieur) très primitifs ont été trouvés (la Brenière, la Grambaudière).

Le paléolithique moyen (- 200 000 à – 35 000 ans, période du Moustérien et du débitage Levallois) est la période à laquelle les hommes ont laissé le plus de traces à Montbert dont surtout des bifaces, mais aussi des grattoirs, racloirs, pointes etc… sur les sites de l’Ouchette, la Grambaudière, le Pas-Chalène, l’Hommeau, la Brenière, le bois des Ilets, le Pont-Bonnet, les Chaises, la Pierre-Folle, le Moulin-Bleu, la Gare etc

L’homme préhistorique est souvent venu à Montbert pour exploiter une roche, un grès siliceux nommé à tort par les anciens « silex » car celui-ci est translucide alors que cette pierre est opaque. En 1868, intrigué par des traces de végétaux apparaissant à la cassure de la roche issue des fondations de la nouvelle église de Montbert, Monsieur de Trémolin rassembla quelques échantillons pour en déterminer l’origine. D’autres personnes étudieront cette roche sans vraiment déterminer l’âge de ce grès. Les frères de Lisle découvrent en 1878 l’atelier de taille de Pas-Chalène.

En 1954 la pierre est analysée par un membre géologue de la Société Nantaise de Préhistoire qui la dénomme quartzite. En 1998, Gérard Gouraud et Michel le Goffic reprennent l’étude pour connaître la texture exacte de la roche et sa répartition sur la commune. C’est une quartzarénite spécifique à Montbert en place le long de l’Ognon. C’est une roche très facile à tailler, mais qui se casse trop facilement, d’où la quantité de déchets retrouvés un peu partout sur le territoire de la commune.

Comme on peut le voir Montbert est donc un haut lieu de la préhistoire très visité encore aujourd’hui par les préhistoriens et les curieux qui s’intéressent à cette époque.

ANTIQUITÉ

À Montbert, les seuls souvenirs que nous ont laissés les Gallo-romains sont les traces du passage de la voie romaine qui traversait notre commune. La route de Brest à Aigues-Mortes servant au transport du minerai d’étain de la côte Atlantique jusqu’à Lyon (Lugdunum), traversait la Loire-Atlantique et la Vendée, cette voie romaine reliait Ratiatum (Rezé) à Durinum (Saint-Georges-de Montaigu), ce qui a peut-être inspiré la chanson « de Nantes à Montaigu… ».

Elle entrait sur le territoire montbertain au sud, non loin du village de la Maisonneuve et en sortait près des Ridelières qu’elle laissait à droite pour rejoindre Le Bignon et Les Sorinières par la route des Bouteilles. Elle est encore visible en certains endroits de la commune et il arrive que des agriculteurs découvrent dans leurs champs des portions de cette voie.

plan bourg

 

La voie vue du ciel entre La Chaussée (commune de Montbert) et La Guéraudière (commune de La Planche)

 

 

 

Datant de cette même époque, plusieurs enclos quadrangulaires furent observés à la Gîte, à la Noë, la Sauzaie, la Renaudière, la Grande Lande, la Gravelle, le Bois-Joli, la Pommeraie.

Une pince à épiler en tôle de bronze fut découverte au site des Majoires.

Il existait un ponceau mégalithique entre le bourg et la Bauche-Coiffée. Il fut détruit lors de la mise en place du plan d’eau de Chantemerle.

MOYEN-ÂGE

Pendant tout le début du Moyen-Âge, les luttes entre compétiteurs désolaient périodiquement les villes et les campagnes.

Pour comprendre en partie ces malheurs on doit se rappeler que pendant 1 000 ans, jusqu’en 1532, date définitive de la réunion de la Bretagne à la couronne de France, nous nous sommes trouvés au voisinage d’une frontière. La ligne des châteaux-forts qui se succèdent de la baie de Bourgneuf à celle du Mont Saint Michel en passant par Clisson, Champtoceaux et Fougères en est aujourd’hui encore la preuve concrète. Ici, au cours des siècles, cette frontière a été particulièrement mouvante. Elle fut l’enjeu de luttes interminables entre le duc de Bretagne et le duc d’Aquitaine. Ce n’est qu’au milieu du Xème siècle en 943 qu’une entente entre Alain Barbe-Torte comte de Nantes et Guillaume comte de Poitiers régla les limites de leurs seigneuries respectives. Les Mauges, Tiffauges et Herbauges furent incorporées au Comté Nantais, donc à la Bretagne mais jusqu’au XVIème siècle, Montbert comme tout le voisinage resta une « marche », c’est-à-dire un territoire militaire avec tous les dangers et toutes les servitudes que pareille situation comporte.

En 1163, la Bulle du Pape Alexandre III fait entrer Montbert dans l’histoire approuvant les droits, privilèges et biens de l’abbaye de Geneston fondée et datée 15 années plus tôt par Bernard évêque de Nantes. Cette bulle confirme la fondation du monastère de Geneston et parmi les biens qui lui sont affectés figure l’église de Montbert avec ses dépendances. C’est le premier document historique témoignant de l’existence de Montbert.

En 1420 la Guerre de Cent Ans se poursuit en même temps que la guerre de succession de Bretagne entre Blois et Montfort. Jean, duc de Bretagne a été fait prisonnier, par surprise à Champtoceau, à l’instigation de Marguerite de Clisson de la Maison de Penthièvre, héritière des prétentions de Blois. Marguerite fait occuper la région du sud de la Loire par des garnisons étrangères qui firent beaucoup de dégâts dans le comté nantais, « enlevant les gens des campagnes, les emprisonnant et les mettant à la torture pour les obliger à payer des rançons ». A cette date, la paroisse de Montbert est sous l’obédience de Robin de la Touche, fils du sieur de la Limouzinière, qui en est qualifié « haut justicier sous la suzeraineté des Clisson ».

LA NOBLESSE : SEIGNEURS ET CHÂTELAINS

Dès le XIIème siècle quelques noms de seigneurs apparaissent dans les actes, mais ils ne résident pas obligatoirement à Montbert :

– dans la bulle d’Alexandre III en 1163, à la fondation du monastère de Geneston, un Hoaut fait donation de la Pierre Folle.

– les Goheau, seigneurs de St Aignan se retrouvent dans l’histoire de l’Abbaye de Geneston comme donateurs en 1216 de la Vieille Foye.

– au XIVème siècle (1398) : les seigneurs de Touffou sont propriétaires à Montebert des fermes du Pébrol, des Loges, de la Pintière, du Marchais-Giraud, des Censives Léauté (près de Branchecorbe) et du Butay.

– en 1420 un Robin de la Touche est qualifié seigneur, haut justicier de la paroisse de Montebert sous la suzeraineté du seigneur de Clisson.

Les propriétaires du château sont aussi qualifiés de seigneurs de Montebert, car en même temps que propriétaires ils étaient seigneurs selon le principe féodal de la fusion de la propriété et de la souveraineté, principe qui régissait encore la France au XVIIème et au XVIIIème siècles. Autrefois cette souveraineté n’était ni absolue ni universelle, ni absolue car ces droits étaient eux-mêmes subordonnés aux juridictions supérieures de Nantes, de Bretagne ou de Paris, ni universelle car d’autres seigneurs jouissaient de droits similaires pour les biens qu’ils détenaient sur le territoire de Montbert. Le seigneur était surtout un justicier, mettons un juge de paix, disposant à ce titre de fonctionnaires : notaire, greffier, maréchal, procureur et au bourg d’un tribunal d’auditoire. C’est ce qu’on appelle les droits de haute, moyenne, et basse justice.

Les premiers seigneurs connus qui régnèrent sur la Brenière furent les « La Touche-Limouzinière ». Les Charette et leurs successeurs : Montmorency, de Tollenare et de Menou apparaissent sur les actes à partir du XVIème siècle.

Le titre de seigneur disparaîtra après la Révolution.

DE LA RENAISSANCE AU XVIIIE SIÈCLE

Contrairement aux paroisses voisines, Montbert eut peu à souffrir des violences des guerres de religion, mais cette période de l’histoire a semé le trouble dans les consciences. La paroisse ne fut pas sans subir le contrecoup de la Réforme Protestante et des Guerres de Religion. Cette époque troublée mit à feu et à sang certaines provinces françaises dont spécialement le Poitou voisin.

En 1646, deux peintres d’Amsterdam, Lambert Doomer (1624-1700) et Willem Schellinks (1627-1678) effectuèrent un « Tour de France » artistique en Val de Loire. Leur itinéraire parcouru en partie à cheval est l’un des voyages d’artistes les mieux documentés du XVIIe siècle. À cette occasion, Doomer peignit une auberge à Montbert. Cette œuvre fait partie des nombreux dessins réalisés dans la région, mais il est impossible de localiser l’endroit de Montbert qui a inspiré cet artiste.

RÉVOLUTION FRANÇAISE

En 1789, la paroisse de Montbert rattachée au diocèse de Nantes, relève au civil de la sénéchaussée de Nantes, et au religieux du doyenné de Clisson. Montbert avait environ 1800 communiants soit 2200 habitants, répartis en 300 feux. La population se partage entre le bourg et une soixantaine de villages disséminés sur plus de 3 000 hectares.

1790 : PREMIÈRE MUNICIPALITÉ

Jean Deniau du bourg fut choisi comme maire avec pour premier et second officiers municipaux Olivier Hégron de Chez Hégron et Gilles Pouvreau de l’Hommeau. Les fonctions de procureur furent confiées au sieur Joseph Augustin Vinet (chirurgien).

Un de leurs premiers gestes au mois de mars 1790 fut d’exprimer à l’administration les rejets du rattachement de Montbert au district de Machecoul, en raison de la distance considérable entre les deux localités. Plainte et vœu demeurèrent lettre morte et tout le temps de la Révolution, et jusqu’en 1815, toutes les affaires administratives de la commune, y compris les frais, se traitèrent à Machecoul.

Le curé de Montbert l’Abbé Gestin, se classa d’emblée parmi les réfractaires à la Constitution Civile du Clergé, il fut destitué mais il demeura dans son presbytère jusqu’au dernier moment, avant d’entrer dans la clandestinité.

Au début de 1793 le parti patriote est donc officiellement et réellement le maître à Montbert. Par sa municipalité, il détient les affaires de la commune. Par son curé jureur, il règne à l’église.

Toutefois nombreux sont les Montbertains restés attachés au Roi et à la Religion. Ces derniers rejoignent les rangs de l’ Armée catholique et royale de Vendée, plus précisément l’ Armée du Bas-Poitou et du Pays de Retz : sous les ordres du général : François-Athanase de Charette de La Contrie.

Arrive l’histoire des « colonnes infernales » dont les horribles forfaits remplissent l’année 1794, mettant à feu et à sang près de 500 paroisses. Montbert y eut sa large part. Trois généraux bleus opérèrent surtout dans notre région : Turreau et ses deux lieutenants Cordelier et Duquesnoy.

Soixante-dix-huit victimes ! Tel est pour le mois de février 1794, le bilan des colonnes infernales ! Les mois de mars et d’avril pour être moins meurtriers ne comportent pas moins de 45 exécutions disséminées sur tout le territoire de la paroisse.

MONTBERT DE 1800 À 1900 CHRONOLOGIE

La période du XIXème siècle est assez calme dans notre région. Elle est marquée par le passage de la Duchesse de Berry à Montbert en 1832.

1800 : Nomination du premier maire

1803 : Décision du Conseil Municipal de reconstruire l’église brûlée pendant la révolution

1815 : Rattachement de la commune au canton d’Aigrefeuille

1821 : François Lallier est reconnu officiellement comme instituteur

1827-1834 : Travaux de reconstruction de l’église

Mai 1832 : Passage de la Duchesse de Berry à Montbert

1845 : Construction du nouveau pont

1853 : Ouverture officielle des deux premières écoles publiques : garçons et filles

1857 : Décision de la municipalité de confier l’école des filles aux Sœurs de Saint Gildas

1859 : Décision de la municipalité de confier l’école des garçons aux Frères de Saint-Gabriel de Saint-Laurent sur Sèvre

1862 : Décision de construire l’église actuelle

1869- 1872 : Construction de l’église

1873 : Bénédiction de l’église

1877 : L’école des garçons redevient école publique

1886 : Construction de l’actuelle école publique et de la mairie

1887 : Consécration de l’église

1891 : Construction de l’actuelle école Saint Joseph

LA GUERRE DE 1870 À MONTBERT

De cette guerre nous n’avons aucun témoignage, nous savons seulement que de nombreux soldats Montbertains y combattirent et que 11 d’entr’eux y laissèrent leur vie.

MONTBERT DE 1900 À 1945 CHRONOLOGIE

1901 : Création de la caisse rurale de St Expédit (ancêtre du Crédit Mutuel).

1903 : Création de la caisse bétail « l’Avenir des Etables ».

1905 : Inventaires suite à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat.

1906 : Création de la caisse incendie (la première du diocèse).

1907 : Création de l’Almanach Paroissial.

1918 : Décès de l’Abbé Prin (Curé).

1919 : L’Abbé Thibaud est nommé curé de Montbert.

1921-1922 : Réalisation des vitraux.

1924 : Premier départ des enfants à la colonie Ker Bourine.

1925 : Création de la caisse accidents.

Inauguration du Monument aux Morts.

1926 : Arrivée de l’électricité à Montbert.

1932 : Construction et inauguration de l’école du Sacré Cœur (annexe de l’actuelle école St Joseph).

1936 : L’école devient obligatoire jusqu’à 14 ans

1939 : Fermeture de l’école publique.

1941 : Décès de l’Abbé Thibaud remplacé par l’abbé Billon.

LA GRANDE GUERRE

À l’époque Montbert-Geneston comptait  2411 habitants. 64 soldats de Montbert (le monument aux morts en compte 60), et 48 soldats de Geneston moururent pour la France, 440 hommes et jeunes gens furent mobilisés. La commune accueillit 98 réfugiés : Français, Belges, Polonais, Luxembourgeois.

En 1925, un Monument aux Morts fut érigé sur la place de l’église à la mémoire des soldats morts pour la France. L’inauguration fut l’occasion d’une grande manifestation pour toute la paroisse

LA GUERRE DE 1939-1945

Dès le début de la guerre, beaucoup de jeunes gens et d’hommes furent mobilisés. Au 1er janvier 1940, Montbert compte 106 mobilisés dans 45 villages et le bourg. Les familles de 32 villages sont épargnées par cette mobilisation en raison du nombre d’enfants, en effet, les pères de 4 enfants et plus y échappent.

Pour répondre aux exigences des Allemands, un terrain d’éducation physique et sportive dut être créé à Geneston près des écoles ainsi qu’un bassin de natation à Montbert dans l’Ognon près du pont de  chemin de fer, actuellement, Rue des 2 ponts.

Le 16 et le 23 septembre 1943, la ville de Nantes fut bombardée par les troupes américaines qui visaient à détruire les infrastrucrures portuaires et industrielles,

À Montbert, au village de la Planchette, une femme et un bébé furent blessés par des éclats de DCA. Une bombe tomba à la Haute-Grange sans éclater et fut détruite par des artificiers, après la guerre.

Suite à ces journées tragiques, nombreux sont les Nantais qui fuient la ville et ses environs pour se réfugier dans les campagnes avoisinantes. De nombreuses familles montbertaines accueillirent ces réfugiés qui arrivaient par familles entières et cherchaient un toit pour se mettre à l’abri.

Malheureusement 8 de nos compatriotes laissèrent leur vie au cours cette guerre

MONTBERT DE 1945 À NOS JOURS

Peu d’événements importants ont marqué cette période dans notre commune. Quelques dates sont tout de même inscrites dans l’histoire montbertaine.

1955 : Geneston redevient commune.

Ouverture du cinéma en 1955 et fermeture en 1971.

1958-1959 : Le passage du gaz de Lacq à Montbert.

1959 : Albert Boucher est élu Sénateur

1972 : Construction de la piscine et de l’hôpital actuellement CHS.

1974 : Réouverture de l’école publique.

Les cantines scolaires deviennent municipales.

1975 : Construction de la nouvelle cure.

1977 : Orage et inondations du bourg.

1981 : La mairie se déplace dans le bâtiment actuel

Construction de la salle des fêtes.

1984-1985 : Construction du centre médico-social.

1989-1990 : Passage de l’autoroute sur Montbert.

Aménagement du plan d’eau au site de Chantemerle.

1992 : Adhésion à la Communauté de Communes de Grand-Lieu.

1993 : Construction de la salle des sports.

1998 : Garderie péri-scolaire et halte-garderie.

Construction de la bibliothèque.

2005 à 2007 : Aménagement du bourg.

2008 : Construction du restaurant scolaire.

2011 : Agrandissement de l’école René Cassin.

2012 : Construction de logements pour personnes âgées.

SOURCES

  • Groupe histoire de Montbert,.. depuis la nuit des temps, Maulévrier, éd. Hérault,‎ 2012, 655 p. (ISBN 9782740702970)
  • Jean-BaptisteRietstap, Armorial général,  (tome 1 [archive] et 2 [archive]), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887 et « ses Compléments » [archive], surwww.euraldic.com (consulté le 14 octobre 2011)
  • Auréliende Courson, Dernier effort de la Vendée (1832), Paris, Paul,‎ 1909
  • Camille François,Resistance en Pays Nantais, éd. des Paludiers,‎ 1984, 133 (ISBN 2953041508)
  • « www.pierre-abelard.com »[archive], Oeuvres de Lambert Doomer, Association culturelle Pierre Abélard, Le Pallet (consulté le 17 avril 2012) http://www.pierre-abelard.com/pat-montpallet-Doomer.htm